Cultiver sa force pour faire renaître le courage dans le cœur de la Oumma

Il y a dans l’air un silence lourd, celui d’une communauté marquée par la faiblesse. Le courage quitte peu à peu les poitrines, remplacé par la mollesse et l’inaction. Des musulmans pourtant nombreux, mais aussi inconsistants que l’écume de la mer. Un état annoncé par notre Prophète ﷺ il y a bien longtemps.
Cet article est avant tout un cri du cœur que j’adresse à moi-même, puis à mes sœurs en islam. Un appel à la lucidité pour raviver notre dignité commune, secouer la torpeur qui nous a gagnés, et retrouver la force qui, jadis, faisait rayonner notre Oumma.
Une communauté musulmane affaiblie

Force est de constater, la communauté musulmane est devenue faible. Il suffit d’observer son état à l’international pour s’en convaincre rapidement. Chaque croyant sincère souffre dans son for intérieur de se voir ainsi impuissant. Pour autant, le fatalisme ambiant nous empêche de réagir. On préfère fermer les yeux pour éteindre l’agitation intérieure.
Une faiblesse musulmane qui se manifeste par un manque d’audace évident. Combien n'ose plus parler, agir, blâmer le blâmable ou montrer l’exemple. Une communauté embourbée dans un mode de vie qui tente de la ramollir tous les jours davantage.
Les racines profondes de notre affaiblissement

Mais comment en est-on arrivé là ? Quelles sont les causes de la disparition du courage dans la poitrine des musulmans ? La réponse se trouve certainement dans notre éloignement d’Allah.
Et Allah sait mieux.
Progressivement, nous avons peut-être oublié que notre présence sur terre avait pour raison première l’adoration exclusive de notre Seigneur. Nos âmes ont été confortées dans la futilité, la perte de temps et les préoccupations mondaines.
Affalés dans nos canapés, smartphones et manettes vissés aux poings, on a délaissé la science et la réforme des cœurs au profit de l’oisiveté.
Le besoin urgent de se relever

Aujourd’hui, l’Islam est piétiné, attaqué sans complexe, et nous peinons à réagir avec dignité. La peur a changé de camp : trop de musulmans sont devenus dociles. L’éclat de l’empire islamique, jadis florissant durant près d’un millénaire, s’est éteint à mesure que la discipline et la piété ont laissé place à la négligence et à la désunion.
Les nations passées, qui ont sombré après avoir trahi les préceptes divins, devraient nous servir d’avertissement. Il est temps de renouer avec la rigueur, le savoir et la force qui ont fait autrefois la grandeur de cette communauté.
Nous avons besoin d’une Oumma alerte et vaillante, capable de défendre sa religion avec fermeté et noblesse. Osons sortir fièrement, sans craindre d’affirmer notre identité ni de porter haut nos valeurs, car ce sont celles que notre Créateur a choisies. Cessons de lisser nos différences pour paraître acceptables selon des normes étrangères à notre foi.
Leur problème n’est pas le nôtre.
Quant à nous les femmes, nous avons également notre part de responsabilité. À nous d’être déterminées, droites, inébranlables sur nos principes. Soyons des exemples, des sources d’exhortation pour nos sœurs, pour nos filles en devenir, dans ce rôle de transmission qui incombe à chaque croyante.
Mais pour cela, encore faut-il en avoir la force et la capacité.
Les fondations d’une Oumma solide
Rigueur et discipline. Deux valeurs en perdition qui sont pourtant les clés de voûte d’une communauté forte. Il nous incombe de les retrouver.
Elles s’acquièrent de bien des façons, mais avant tout, par la grâce d’Allah, car sans Lui, nous ne pouvons rien. Ensuite viennent les causes, indispensables et fondamentales : l’abandon des péchés, le retour vers notre Créateur, le repentir, les bonnes œuvres. C’est aussi être bons entre nous en refusant l’individualisme et en donnant son droit à chaque ayant droit. Voilà ce qui soude les cœurs.
Agir à son niveau, en prenant conscience de notre responsabilité individuelle, c’est apprendre à délaisser l’amour du confort, à accepter les sacrifices et à rechercher l’excellence. Les enjeux sont nombreux, mais chaque musulman peut, à son échelle, contribuer à raffermir le lien de l’imane qui nous unit.

Prendre soin du dépôt d’Allah
Tout ce que je dis ici est avant tout un rappel à moi-même. Je ne suis pas une érudite, ma science est limitée, mais je remercie sincèrement Allah pour ce qu’Il m’a permis d’acquérir.
À travers cet article, mon souhait le plus cher est de te sensibiliser à une des causes que je connais très bien, et qui pourrait, avec la permission d’Allah, contribuer à renforcer notre communauté.
Il s’agit de prendre soin du dépôt d’Allah : notre corps.
L’entretenir, l’entrainer, le forger avec discipline et abnégation, tout en gardant la bonne intention.
Le nourrir comme on nourrit son esprit, avec une subsistance saine, modérée et halal.
Et dans chaque goutte de sueur versée, cultiver son courage, accroître nos forces mentales et physiques qui, j’en suis convaincue, pourront être réinvesties dans des domaines d’action plus vastes.

N’as-tu jamais entendu ce hadith du Prophète ﷺ :
« Le croyant fort est meilleur et plus aimé d’Allah que le croyant faible, et en chacun d’eux, il y a un bien. Recherche avec énergie ce qui te fait du bien, demande aide à Allah et ne faiblis jamais ». (rapporté par Muslim)
Selon les savants, cela signifie qu’à foi égale, le croyant fort, physiquement et psychologiquement, est plus utile à sa communauté que le faible.
Mais l’engagement implique des sacrifices.
Médite dans l’effort

Enfile tes baskets, va courir, et dans la souffrance, pense.
Pense à ceux qui endurent bien plus que toi mais chez qui fleurissent les plus hauts degrés de patience. Quand dans l’effort physique tu songes à abandonner parce que tu estimes qu'il devient trop difficile, médite sur ceux qui ont lutté pour la gloire de leur religion, pour la vérité, pour la protection des leurs. Et lorsque la fatigue te pousse dans tes retranchements et que tu frôles le point de rupture, persévère. Car c’est dans la persévérance et le dépassement de soi que l’on se forge un mental d’acier.
Muscle tes petits bras, soulève des packs d’eau, des sacs de semoule ou même tes enfants (cela les fera rire). Non pas pour que les gens pensent que ta silhouette te rend justice, mais simplement pour nourrir l’idée qu’un corps puissant sera toujours d’une plus grande utilité qu’un corps fragile.
Médite sur le fait que les hommes du temps du Prophète ﷺ, entraînaient leur endurance par la course à pied et la natation. Ils développaient leur musculature et se défiaient à la lutte. Ils amélioraient leur condition physique et leur capacité à réagir face à l’urgence.
Réfléchis à la manière dont ils cultivaient la maîtrise d’eux-mêmes à travers le tir à l’arc. La dose de concentration, de précision et de self-control que la pratique exigeait. Ils consacraient également une partie de leur temps à s’occuper de leurs chevaux et à peaufiner leurs aptitudes à les monter, en toute circonstance.
Prendre soin de son corps n’est pas une perte de temps si, à travers elle, nous recherchons l’agrément d’Allah. En y plaçant l’intention d’obtenir l’endurance, la capacité physique, la discipline nécessaires à la réalisation optimale des actes d’adoration, nous pouvons espérer Sa récompense.
Le Prophète ﷺ a dit : « Toute activité qui n’inclut pas la mention d’Allah est une futilité, à l’exception de quatre : l’homme jouant avec son épouse, l’homme entraînant son cheval, l’homme marchant entre les cibles et l’homme apprenant à nager. »

Les femmes, gardiennes d’une force endormie

Ne pense pas que la recherche de la force soit uniquement une affaire d’hommes.
Je rencontre beaucoup trop de sœurs musulmanes qui estiment que le sport n’est pas fait pour elles. Or, pour les femmes aussi, la préservation du corps, du mental et de la santé doit faire partie intégrante des actions à accomplir, dans une juste mesure. Une bonne condition physique est capitale pour nous, car nos missions demandent une grande endurance.
Nous sommes le soutien de nos familles, de nos époux, de nos foyers, mais comment y parvenir si nos épaules sont frêles et fragiles ? Aujourd’hui, à la lumière des connaissances scientifiques, nous savons à quel point le sport est une véritable arme contre les maladies, le stress et l’incapacité.

Laquelle d’entre nous ne rêve-t-elle pas d’offrir à son foyer un environnement calme, serein et heureux ? Voir un mari et des enfants satisfaits et apaisés parce que la base qui les soutient est elle-même équilibrée et solide.
Laquelle d’entre nous, à l’aube de son crépuscule, n’aimerait pas vieillir de la plus belle des manières ? Quelle femme apprécierait d’être une charge pour sa progéniture lorsque le poids des années l’aura gagnée ? Tâchons de donner à notre descendance ce plaisir sublime d’avoir à ses côtés des parents vieillissants, mais vifs, dynamiques et intègres, sur qui ils pourront compter.
Rejoins mes guerrières !
Brise les barrières qui t’empêchent de retrouver la puissance qui sommeille en toi. Il existe plusieurs alternatives qui te permettent aujourd’hui de t’entrainer, grâce à Allah. Renseigne-toi sur les salles de sport qui gravitent près de chez toi. Certaines sont exclusivement féminines. Si ce n’est pas le cas, tu peux toujours pratiquer une activité physique en restant dans la sécurité de ton foyer. C’est tout aussi efficace et plus sûr encore. Pour cela, il te suffit d’un minimum de matériel et de quelques mouvements de fitness que tu trouveras facilement sur internet.
Si tu recherches un encadrement plus motivant et personnalisé, rejoins mon équipe de guerrières et comme elles, bénéficie d’une coach sportive dévouée aux femmes musulmanes. Deux ou trois fois par semaine, on se connecte en direct, toi, moi, et tes sœurs en islam, pour faire du sport ensemble, nos cœurs unis dans l’effort, afin de servir le même objectif : satisfaire Allah, et tenter de faire renaitre la force de la communauté musulmane.

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Sources :
Le Hadith de la semaine (n° 25) — « Enseigner aux enfants la natation, le tir à l’arc et l’équitation » https://www.grandemosqueedeparis.fr/post/le-hadith-de-la-semaine-n-25
